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La mariée

Dans le silence persistant d’un ouragan sans boucan,

Une jeune femme fredonnait, absorbée par le temps.

Autour d’elle belliquaient ses convictions d’enfant,

Confrontées malgré elles à la réalité des grands.

 

Ses cheveux bien coiffés, sa robe blanche immaculée,

Son discours répété et son trac contrôlé;

Elle était prête, parée, pour marcher dans l’allée

Et laisser son innocence s’envoler pour l’éternité.

 

Son promis était gentilhomme, sensible et charmant.

Un bon parti, lui répétait sans cesse sa maman…

Sans retenue il l’aimerait, toute sa vie durant;

Mais pourtant elle hésitait, c’était si important.

 

L’amour qu’elle lui portait était sincère;

Même devant Dieu elle ne pourrait le taire,

Mais dans une telle atmosphère d’anniversaire,

Le sentiment d’imposture impose son arbitraire.

 

Son regard fixait la glace, qui la fixait en retour;

Elle se livrait duel, confrontée au grand Amour.

Néanmoins sans auditoire, elle fredonnait toujours,

Préparant son entrée, parée de ses plus beaux atours.

 

L’heure étant venue, on vint la chercher.

Elle était belle, rayonnante de majesté.

Elle franchit la porte et cessa de douter;

Elle le voyait enfin, son preux chevalier.

 

Devant tous ils unirent leur passé, leur présent, leur avenir;

Et sous une pluie de confettis éclatèrent de rire,

Alors qu’on fit signe à la foule entière de se réunir

Pour qu’un instant de lumière immortalise leur sourire.

 

La tête craint parfois ce que le cœur désire,

Et trop souvent on feint de savoir le dire,

Mais seuls les courageux qui refusent de fuir

Vivent le grand bonheur, celui de s’appartenir.

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